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Pike ou pas Pike (suite 3)

Publié le par vecteur-douceur association : site littéraire et historique

Chaque sujet développé sur ce blog l'est bien plus dans mes différents livres dont les liens se trouvent en bas de page.

L’intermède Mazzini.

Dans un chapitre complet du tome 1 du Centième Gueux : « Complot or not complot !? That’s the question. », j’évoque la Théosophie d’Helena Blavatsky. J’y explique que lors de sa quête « spirituelle » elle avait parcouru le monde pour en arriver en Italie, où : « elle prétendra avoir été initiée par Giuseppe Mazzini au carbonarisme. Cela peut vous paraître anodin, néanmoins ce fait est très important pour la suite du livre !!! »

Cela me permet de mettre à nouveau en lumière les malversations de ceux qui déforment la réalité historique. Car pour eux, Mazzini n’a jamais été Maçon et encore moins Carbonariste !

Révolutionnaire de tendance républicaine, Mazzini est un partisan de l'unité italienne au moment où l'Italie, vers 1830, est divisée en une dizaine d'états monarchiques et surtout soumise, en Lombardie-Vénétie, à la souveraineté autrichienne, résultat des décisions du congrès de Vienne. Son activisme révolutionnaire dirigé exclusivement vers la cause de l’unité italienne suscitera des critiques ironiques de Karl Marx, qui lui reproche de passer à côté des vraies questions qui sont celles de classe et de domination sociale et non les questions de nationalité. La proclamation de la république italienne en 1946 va catapulter Mazzini parmi les grands hommes du régime et les FM se réclameront de lui.

À l'invitation du gouvernement italien, ils seront 3 000 à être présents lors de l'inauguration de sa statue sur l'Aventin à Rome en 1949, pour le centenaire de la proclamation de la république romaine. Aujourd'hui, on insiste surtout sur l'homme qui entre autres conceptions, eut l'idée des Etats-Unis d'Europe, qui ne sacrifierait pas ce à quoi il tenait le plus, l'identité nationale. Mais alors, Mazzini était-il franc-maçon ? Tout comme concernant le Témoin de Jéhovah Russell, il semble qu'aucune preuve ne l’atteste. Mais la Maçonnerie tentera de s'approprier sa figure et ce sera elle qui commissionnera la construction du mausolée à l'architecte admirateur de Mazzini, Gaetano Vittorino Grasso.

On cite une correspondance par laquelle, répondant à un franc-maçon, il refuse d'y adhérer, lui reprochant d'admettre des gens sans discernement et notamment sans critère national ! Bien qu’en rupture avec le catholicisme traditionnel, on dit même de lui qu’il n'était pas athée ni antichrétien. Mais ! Car il y a un mais, il était Carbonariste de la première heure. Le carbonarisme (pour l'Italie) ou charbonnerie (pour la France) était un mouvement initiatique et secret, présent en Italie, en France, au Portugal et en Espagne au début et au milieu du 19esiècle. Il a notamment contribué au processus de l'unification de l'Italie. Et les Carbonari étaient généralement considérés comme étant farouchement anticléricaux, et plusieurs affaires de l'époque mettent en relief l'opposition farouche entre ce mouvement et l'Église catholique.

Ce phénomène politique sera d'abord italien, avant de revenir par la suite en France. C'est le révolutionnaire français Pierre-Joseph Briot, franc-maçon du rite de Misraïm et « Bon cousin charbonnier » du rite du Grand Alexandre de la confiance, qui introduit ce rite à Naples, à la fin de l'année 1809. Il participera à l'unification de divers groupes italiens sous l'égide de la Carbonari. Et bien entendu, ce qui fait désordre dans le CV de Mazzini : c’est qu’il sera affilié puis dirigeant de la Carbonari, ce mouvement secret se donnant pour but la prise du pouvoir par des petits groupes de conspirateurs, style Illuminé de Bavière.

Il convient aussi de mentionner la figure de l'Italien Buonarotti, lui aussi héritier de l'illuminisme émancipateur du christianisme ésotérique du 18esiècle (avec des sources rosicruciennes). Avec Pierre-Joseph Briot, il sera l'âme d'insurrections en France et en Italie, en Belgique et jusqu'en Pologne, à la tête de la Haute Vente. Les sociétés secrètes de la mouvance carbonariste seront à l'origine de la première grande vague d'agitation contre l'ordre établi en 1815 par le Congrès de Vienne. À une revendication de libéralisation du système politique s'ajoute, le cas échéant, la volonté d'unité ou d'indépendance nationale. L'inquiétude du pouvoir vis-à-vis du mouvement carbonariste transparaît dans plusieurs passages du roman de Stendhal, Lucien Leuwen (1834). Stendhal, qui était FM, sera d’ailleurs le premier à traiter ouvertement du symbolisme des vingt-deux arcanes majeurs, thème développé au 19e siècle par un autre auteur maçon, Eliphas Lévi, dont l’œuvre passée par l’Angleterre (…) inspirera celle de notre « éminent franc-maçon et plagiaire américain », Albert Pike.

Avant sa disparition en 1838, Buonarotti, inspirateur des Carbonari ne verra pas le plus grand achèvement pratique de son œuvre : la libération et réunification de l'Italie en partie menée par le Bon Cousin Garibaldi, par ailleurs illustre hiérophante de Memphis Misraïm : ce qui prouve, s'il en était besoin, l'étroite relation entre l'institution « belle et rebelle » de la maçonnerie et les carbonari, la première servant de vivier à la seconde. Il semble bien que notre « ami » Mazzini, même si Wikipédia ou autre tentent de nous en dissuader, était bel et bien un maçon digne de ce nom. Et que la seule chose à mettre à son actif serait le fait que son activisme révolutionnaire dirigé exclusivement vers la cause de l’unité italienne suscite des critiques ironiques de la part du sataniste Karl Marx.

À suivre.

Olivier

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