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Parlons de leur philosophie ! (Partie 2)

Publié le par vecteur-douceur association : site littéraire et historique

Le problème que va rencontrer le christianisme apostolique, ce dès ses débuts, c’est le fait qu’il va se heurter aux élites. Il vient en effet mettre fin à des doctrines anciennes trop souvent pratiquées par des hommes proches du pouvoir (qu’on se souvienne de Jésus face au Sanhédrin et aux Pharisiens).

L’Ancien Testament met de nombreuses fois en garde à l’égard de la magie, et le Christ aboli la magie puisqu’il enseigne la VERITE sur la création et son CREATEUR. D’ailleurs, les mages sont venus s’incliner devant l’enfant (et non le bébé). C’est la magie d’un âge révolu qui vient s’incliner devant Celui qui va abolir les mystères de la nature. Elle ne fait plus peur et devient science, ou plutôt science chrétienne lorsqu’elle s’interprète par le biais de son Créateur et celui de Ses écrits : la Bible. C’est d’ailleurs cette science chrétienne en parfaite opposition à celle de l’homme que je vais m’échiner à vous expliquer (preuves à l’appui).

À ce titre on peut penser : "bizarre époque que la nôtre ou tout est d’ailleurs redevenu magie et talismans: le foot, la publicité; nos enfants qui sont « harry potterisés » et « halloweenisés ».

Cette fameuse gnose dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler possède plusieurs sources :

Simon le Magicien : celui qui voulait s’attribuer les dons des apôtres (en l’occurrence Pierre et Jean) contre monnaie sonnante et trébuchante.

Philon d’Alexandrie (vers -20 à 45 apr. J.-C.), un philosophe juif hellénisé, contemporain des débuts de l’ère chrétienne, père du néoplatonisme. Il voudra démontrer la parfaite adéquation entre la foi juive et la philosophie hellène, avec peu d’influence sur le Judaïsme de son temps. Il sera néanmoins une source d’inspiration pour « les Pères » de l’Église.

Eusèbe de Césarée le cite dans son histoire ecclésiastique lorsqu’il décrit la vie des Thérapeutes d'Alexandrie.

La gnose est donc une compromission entre l’ésotérisme juif et celui d’Égypte. Le néoplatonisme de Philon sera une interprétation de Platon et d’Aristote mais soumise à l’ésotérisme. Simon le magicien avait fondé une secte des illuminés que nous retrouverons à la Révolution Française. Il y aura filiation de sociétés secrètes en sociétés secrètes. Ils sont illuminés par le "Soleil égyptien", adorateurs de la création en lieu et place du CREATEUR. Et au 3e siècle, c’est Plotin (205 - 270 apr. J.-C.), philosophe gréco-romain de l'Antiquité tardive, qui sera le représentant principal du néoplatonisme.

En 246 de notre ère, il installe son école à Rome. Sa relecture ou plutôt sa codification des dialogues de Platon sera source d'inspiration pour une « certaine pensée chrétienne » à l'époque en pleine formation. Elle va influencer de manière profonde la philosophie occidentale et orientale. C’est cette philosophie arabe qui sera reprise à la Renaissance contre les idées chrétiennes. L'intégralité des écrits de Philon sera publiée par son disciple Porphyre de Tyr sous la forme d'Ennéades.

Aux 7e et 8e siècles, premiers siècles de l'hégire pour le monde musulman, les Syriens et Mésopotamiens chrétiens de langue syriaque et grecque traduisent en arabe certains textes philosophiques et scientifiques issus du monde gréco-romain. Une compétition commence alors entre la culture arabe et la culture persane. Le Grand Iran est à cette époque sous domination arabe.

De 750 à 850, période des califes Abbassides, la science arabo-musulmane atteint ses sommets. Les souverains paient parfois leur poids en or tout livre récemment traduit, et dès le 9e siècle, une majeure partie des écrits de la Grèce est disponible en langue arabe.

Les textes et traditions des dogmes islamiques se fixent à cette époque : le sunnisme, avec Al-Ashari (en 935) ; le chiisme duodécimain, avec Shaykh Saduq Ibn Babuyeh (en 991) et Shaykh Mufid (en 1022) ; l'ismaélisme, branche du chiisme, en langue arabe et en langue persane. En Occident latin, c'est le Moyen Âge, période ainsi dénommée entre la chute de l'Empire romain (476, invasion des Hérules) et la Renaissance marquée par la chute de Constantinople en 1453 et la soi-disant découverte des Amériques en 1492 par Christophe Colomb.

C’est vers la fin du 10e siècle début du 11e que le Perse Avicenne (980-1037), converti à l’Islam et devenu vizir, reprendra les idées de Philon non sans se faire des ennemis au sein de la communauté islamique. C’est un philosophe, écrivain, médecin et scientifique médiéval. Il s'intéressera à de nombreuses sciences : l'astronomie, l'alchimie, la chimie et la psychologie. Ses disciples l'appelaient prince des savants, plus grand des médecins, etc. Plusieurs théologiens musulmans de son époque comme Al-Ghazâlî, Ibn Taymiyya, Ibn Al-Qayim et Al-Dhahabi le traiteront d'irréligieux.

Un siècle plus tard, un philosophe, théologien, juriste et médecin musulman andalou de langue arabe du nom d’Averroès (1126-1198), exerce les fonctions de grand cadi (juge suprême) à Séville et à Cordoue, et de médecin privé des sultans almohades, à Marrakech à une époque charnière où le pouvoir passe des Almoravides aux Almohades. Lecteur d'Al-Fârâbî, Al-Ghazâlî et d’Avicenne, il est considéré comme l'un des plus grands philosophes de la civilisation islamique même s'il a été accusé d'hérésie à la fin de sa vie. Dans son œuvre, Averroès met l'accent sur la nécessité pour les savants de pratiquer la philosophie et d'étudier la nature créée par Dieu. De ce fait, il pratique et recommande les sciences profanes, notamment la logique et la physique, en plus de la médecine.

Son œuvre aura une grande importance en Europe occidentale, où il a influencé les philosophes médiévaux latins et juifs dits averroïstes. À la Renaissance, sa philosophie est très étudiée à Padoue. De façon générale, il est estimé des scolastiques qui l'appellent le « Commentateur » du Philosophe (Aristote) pour lequel ils ont une vénération commune. En revanche, Thomas d'Aquin puis les néoplatoniciens de Florence lui reprochent de nier l'immortalité et la pensée de l'âme individuelle, au profit d'un Intellect unique pour tous les hommes qui active en nous les idées intelligibles.

Moïse Maïmonide (1138-1204), est un rabbin séfarade du 12e siècle, considéré comme l’une des plus éminentes autorités rabbiniques du Moyen Âge. Talmudiste, commentateur de la Mishna, jurisconsulte et décisionnaire, il est l’auteur du Mishné Torah, l’un des plus importants codes de loi juive. Il va réactualiser le Talmud codifié au 2e siècle sur des bases gnostiques judéo-égyptiennes. Philosophe, métaphysicien et théologien, il entreprend comme son contemporain Averroès une synthèse entre la révélation et la vérité scientifique, laquelle est représentée de son temps par le système d’Aristote dans la version arabe d’Al-Fârâbî.

Médecin de cour et astronome, il publie aussi des traités dans ces domaines qui accroissent son prestige parmi ses contemporains juifs et non-juifs. Il sera dirigeant de la communauté juive d’Égypte. Il est cependant accueilli avec plus de circonspection voire d’hostilité en France et en Espagne, où ses écrits et son rationalisme seront, des siècles durant, sujets à controverse.

Il sera pour les uns un « second Moïse », ainsi que l’indique son épitaphe, et pour les autres un « hérétique excommunié ». Il est également l’une des rares autorités juives à avoir influencé les mondes arabo-musulman et chrétien, notamment Thomas d'Aquin, qui le surnomme « l’Aigle de la Synagogue ».

C’est chez Maïmonide qu’un penseur comme Baruch Spinoza (1632-1677), ira chercher ses idées matérialistes. Spinoza aura une influence considérable sur ses contemporains et nombre de penseurs postérieurs. Issu d'une famille juive marrane portugaise ayant fui l'Inquisition, il sera un héritier critique du cartésianisme. De fait, il prendra ses distances vis-à-vis de toute pratique religieuse, mais non envers la réflexion théologique, grâce à ses nombreux contacts interreligieux. Après sa mort, le spinozisme va connaître une influence durable et critique vis-à-vis du judaïsme, du christianisme et de l'islam.

Spinoza fut à tort couramment compris comme un auteur athée et irréligieux. Sa doctrine repose sur une certaine définition de Dieu, suivie d'une démonstration de son existence et de son unicité. Mais, ses conceptions théologiques relèvent du panthéisme, elles tendent à s'opposer à la transcendance divine ainsi qu'à une révélation surnaturelle. Nietzsche le qualifiait de « précurseur », c’est peu dire ! Notamment en raison de son refus de la téléologie : l'étude des causes finales. D'après Hegel, "Spinoza est un point crucial dans la philosophie moderne. L'alternative est : Spinoza ou pas de philosophie."  Quant à Karl Marx, un "frère la truelle", il s’y est, ainsi que bien d’autres, copieusement référé.

En synthèse, on constate que toute cette pensée orientée découle de l’ésotérisme judéo-égyptien (livre d’Hermès et Kabbale), et remonte au Talmud édifié contre le Christ.

Durante Alighieri, dit Dante (1265-1321), est un poète italien du Moyen âge. Il s'est immortalisé par la composition du célèbre poème connu son le titre de la Divine Comédie. Il s’imagine que Virgile, son poète favori, l'accompagne dans l'Enfer et le Purgatoire, pour lui nommer les réprouvés et lui décrire leurs supplices, et que Béatrix (ou Béatrice) est son guide au Paradis.  Il va être le premier humaniste à puiser sa philosophie dans la poésie arabe, pure mouvement anti-scolastique. C’est lui qui donne à l’homme « le pouvoir de contredire Dieu ». Le Talmud ayant été écrit afin d’annoncer leur messie encore à venir, c’est l’homme qui prend ici la place du Créateur.

La société chrétienne étant un ordre établi venant d’en haut, l’humanisme va concevoir la politique et la philosophie non pas à partir de Dieu, mais à partir d’un ordre venant d’en bas, l’homme. La Renaissance reprend ainsi la métaphysique antique à travers la philosophie arabe, pur produit judéo-égyptien. Cet ensemble d’idées antiques pouvait se concevoir avant la Révélation du Christ mais certainement plus après. Le culte du cosmos n’a plus lieu d’être, Dieu créant ex nihilo, à partir de RIEN, Il est hors de sa création ! De nos jours, l’héliocentrisme, sujet central de mon prochain ouvrage, n’est qu’un culte cosmique et solaire, pure réminiscence babylonienne. D’ailleurs les frères la truelle ne se revendiquent-ils pas entre-autre de Nemrod, père de Babel ?

Jésus est, je le répète, l’accomplissement parfait de la loi judaïque. Mais à côté de cette loi existe un ésotérisme juif bien antérieur au Christ ou plutôt, devrais-je dire, à son incarnation. Il est de nature babylonienne et profondément hérétique et en parfaite contradiction avec le Christ. Toute cette philosophie qui va ré émerger à la Renaissance n’est qu’une négation de Sa Divinité. Elle est en quelque sorte la réactualisation du péché originel : l’homme voulant prendre la place de son Créateur.

À suivre.

Olivier

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